Cycle de conférences : Mise en parallèle d’éléments de la culture française et de la culture serbe en littérature, en peinture et en musique

Dans le cadre du Mois de la Francophonie, la Galerie de la Matica srpska en coopération avec l’Institut français de Serbie – Novi Sad, propose un cycle de conférences : Mise en parallèle d’éléments de la culture française et de la culture serbe en littérature, en peinture et en musique.
Le cycle se composera de trois conférences qui auront lieu le vendredi à 18 heures à la Galerie de la Matica srpska, et les conférenciers seront d’éminents spécialistes du domaine de l’histoire de l’art enseignant dans les universités de Belgrade et de Novi Sad.

Le 6 mаrs 2015 à 18 heures
Le lecteur serbe et la littérature française à l’époque des lumières
Conférencier : Madame Mirjana D. Stefanovic, professeur au département de Littérature serbe de la Faculté de philologie de l’Université à Novi Sad.

Très populaire dans toute l’Europe du XVIIIe siècle, la littérature française parvenait au lecteur serbe dans le texte original et en traduction, habituellement faite à partir de l’original. L’influence de la culture française en général, et particulièrement de la littérature et de la musique, dès la troisième génération d’écrivains serbes (1780-1790), à l’époque de Joseph II, a ouvert la culture serbe à l’apprentissage des langues et une ‘francomanie’ est apparue, se reflétant dans la croissance du nombre d’enseignants privés de la langue, de la danse et de la musique françaises. Les Serbes rédigent des manuels d’apprentissage du français et se vantent de leur connaissance de la culture gauloise. Pavle Julinac traduit deux écrivains français et sa traduction de ‘Bélisaire’ de Marmontel reste une oeuvre populaire tout au long du XIXe siècle ; Dositej Obradovic ne jure que par la traduction du Télémaque de Fénelon et traduit lui -même les nouvelles de Marmontel; Grigorije Trlajić traduit en serbe ‘Numa Pompilius’ de Florian; à Novi Sad, c’est grâce à Emanuila Jankovic que s’ouvre la première librairie franco-allemande en 1790; le poète serbe chante les louanges de ce nouveau goût à travers toute sa poésie. L’émancipation des femmes dans la société serbe a, elle aussi, un petit goût français, et la conscience se développe qu’une femme instruite vaut bien un homme dans toute sa puissance, comme si le proverbe français avait commencé à essaimer parmi les femmes serbes : « Ce que femme veut, Dieu le veut »

Le 13 mars 2015 à 18 heures
L’influence de l’art musical français sur la musique serbe au XXe siècle
Conférencier : Madame Ira Prodanov, professeur à la chaire de musicologie et ethnomusicologie de l’Académie des beaux arts de l’Université de Novi Sad 

Quand on parle de l’influence de la culture française en Serbie, on pense généralement au domaine des arts visuels ou à la littérature. Ainsi, en parlant de nos peintres ou de nos écrivains qui ont séjourné et étudié à Paris, nous laissons souvent de côté nos musiciens, compositeurs et théoriciens de la musique, qui ont contribué d’une manière significative à la convergence des deux pays, la France et la Serbie. Cependant, c’est l’art musical qui est un domaine extrêmement riche en exemples démontrant non seulement l’impact de la musique française sur la musique serbe, mais aussi l’importante contribution de nos musicologues dans le domaine de la recherche académique de la musique française. Lors de la conférence, nous présenterons des partitions et des cahiers de musique publiés au début du XXe siècle, souvent en éditions bilingues franco-serbe, puis nous présenterons les plus importants manuels pédagogiques français qui sont largement utilisés dans l’enseignement de la musique dans notre pays, ainsi que des études importantes sur divers phénomènes musicaux ou sur des compositeurs français dont les auteurs sont des musicologues serbes. Finalement nous citerons non seulement les plus importants musiciens serbes qui ont étudié ou vécu en France, mais nous présenterons aussi des œuvres de Miloje Milojevic (1884 – 1946), de Dusan Radic (1929 – 2010) et e Dejan Despić (1930), comme témoignage que les éléments de la musique française, en particulier l’impressionnisme, ont constamment enrichi notre musique tout au long du siècle dernier.
Le 20 mars 2015 à 18 heures
L’époque parisienne de Sava Sumanovic– Paris moderne, Sumanovic classique
Conférencier : Madame Jasmina Cubrilo, professeur au Département d’Histoire de l’art de la Faculté de philosophie de l’Université de Belgrade

Sava Šumanović (1896-1942) fait partie de la première génération de peintres de nos régions qui se rendent à Paris, après la première guerre mondiale, pour y poursuivre leurs études. Au cours de la troisième décennie du XXe siècle Sumanovic a séjourné trois fois à Paris: de l’automne 1920 à l’été 1921; 1925-1928 et enfin d’octobre 1928 à mars 1930, ce qui sera son dernier séjour dans cette ville. L’analyse des peintures du Šumanović des années 20 se trouvant dans la collection de la Galerie de la Matica srpska nous amènera à parler de la signification et de la place de l’art et de la vie quotidienne à Paris dans la vie et le travail des artistes qui viennent d’ailleurs, à discuter du « regard » de l’autre, du désir d’être à la mode et pris en considération, des (im)possibilités d’intégration dans la scène artistique bohème et internationale mais surtout parisienne, et finalement du processus d’articulation du «style» de Sumanovic et des processus parallèles dans la construction de son identité.